Groupe d'action pour l'avenir de la langue française : Un plan d'action qui doit être renforcé

Sherbrooke, le dimanche 28 avril 2024 - Alors que le Groupe d'action pour l'avenir de la langue française (GAALF) dévoilait aujourd'hui son plan d'action, dont l'objectif est de freiner puis d’inverser le déclin du français au Québec, l'organisme Droits collectifs Québec (DCQ) salue un geste important posé par le gouvernement québécois afin de donner suite à l'adoption de la Loi sur la langue officielle et commune du Québec, le français, tout en appelant au renforcement dudit plan d'action. En effet, après des années d'immobilisme gouvernemental en matière de protection de la langue française, l'adoption du projet de loi 96 et la mise en oeuvre d'un plan d'action prévoyant des investissements de plus de 603M$ sur cinq ans dans les politiques linguistiques québécoises et l'implication de nombreux ministères agissant de manière coordonnée constituent des orientations étatiques pertinentes. Par contre, la gravité de la situation du français est telle que les mesures annoncées aujourd'hui s'avéreront certainement insuffisantes pour atteindre les ambitieux objectifs que s'est fixé le gouvernement du Québec.

De la pertinence des mesures annoncées aujourd'hui
Ainsi, en plus de l'existence d'une coordination gouvernementale solide, DCQ considère que les investissements substantiels prévus par le gouvernement témoignent de sa volonté réelle de contribuer à la protection de la langue française. En effet, la pression exercée par la politique d'immigration fédérale sur la capacité de l'État québécois à franciser les néo-Québécois et les néo-Québécoises était telle qu'il devenait urgent d'investir massivement dans ces services. De même, les mesures prévues afin de rendre le contenu culturel francophone davantage accessible répondent à de réels besoins, alors que l'on ne peut aborder la question linguistique sans la situer dans un contexte beaucoup plus large et lié à la culture, de manière générale. Enfin, l'augmentation de la capacité de l'État québécois de suivre l'évolution de la situation sociolinguistique est une mesure qui avait été recommandée par DCQ dans le mémoire qu'a déposé l'organisme auprès du GAALF, dans le cadre de l'appel de mémoires lancé par ce dernier et qui prenait fin le 30 avril 2023.

De la nécessité de renforcer la politique linguistique québécoise
Par contre, Droits collectifs Québec considère que les mesures annoncées aujourd'hui s’avéreront largement insuffisantes afin de permettre à la langue française de relever les immenses défis auxquels elle fait face aujourd'hui, au Québec. En effet, le plan d'action gouvernemental ne comporte pas de nombreuses mesures structurantes proposées par plusieurs experts et groupes dont DCQ, et qui bien qu"ambitieuses, sont des plus réalistes et surtout nécessaires afin de garantir l'avenir de la langue française au Québec. Par exemple, il n'est nullement question de l'adoption d'une politique de convergence culturelle, qui viendrait renforcer les mesures annoncées en matière d'accessibilité du contenu culturel francophone, ou encore de francisation des immigrants. De même, l'application de la Charte de la langue française au réseau collégial, le financement à la mission globale des organismes citoyens dédiés à la protection et à la promotion de la langue française, puis l’organisation d’états généraux portant sur la situation du français dans les divers domaines de recherche scientifique constitueraient des actions réalistes, pertinentes et structurantes. Bien sûr, la création d'un Conseil de la radiodiffusion et des télécommunications du Québec ne saurait être possible sans des négociations avec l’État fédéral, mais celui-ci pourrait se montrer ouvert, grâce à une prise de conscience pancanadienne des grandes difficultés auxquelles fait désormais face la langue française en Amérique du Nord.

« Aujourd'hui, le gouvernement québécois témoigne de sa volonté de s'investir concrètement afin de protéger la langue française. Aussi, Droits collectifs Québec souhaite collaborer, au cours des prochains mois, avec le Groupe d’action pour l’avenir de la langue française et particulièrement avec le ministre Roberge afin de bonifier un plan d’action qui constitue certes un bon départ, mais qui surtout doit être renforcé afin de se donner les moyens d’atteindre les ambitieux objectifs que se doivent d’entretenir les Québécoises et les Québécois envers leur langue et leur culture, qui aujourd’hui subit une pression linguistique sans équivalent dans notre histoire » de lancer le directeur général de l'organisme, Etienne-Alexis Boucher.

À propos de Droits collectifs Québec

Droits collectifs Québec est un organisme à but non lucratif fondé en 2019 et issu de la société civile québécoise. Sa mission est de contribuer à la défense des droits collectifs sur le territoire québécois, eût égard notamment aux droits linguistiques et constitutionnels des citoyennes et des citoyens. Basée sur une approche non-partisane, l’action de l’organisme comporte de nombreux champs d’intervention, dont l’éducation populaire, la mobilisation sociale, la représentation politique et l’action judiciaire. Pour en apprendre davantage sur l'organisme, visitez le site web de ce dernier à l'adresse suivante : https://www.droitscollectifs.quebec/

 

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SOURCE:
Etienne-Alexis Boucher
Directeur général, Droits Collectifs Québec
T : (819) 570-3931
C : info@droitscollectifs.quebec

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